Un sous-sol qui sert de cave, d’atelier ou de garage n’a pas besoin de VMC : il se ventile par ses propres ouvertures, comme les soupiraux. En revanche, dès que vous l’aménagez en pièce de vie ou que vous y installez une salle d’eau, des toilettes ou une buanderie, il fait partie du logement et doit être intégré à sa ventilation.
La règle vient de l’arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements. Il demande une aération générale et permanente, avec des entrées d’air dans toutes les pièces principales et des sorties d’air dans les pièces de service, au moins la cuisine, la salle de bains et les toilettes. Un sous-sol devient concerné dès qu’il abrite l’une de ces pièces.
Un sous-sol non aménagé a-t-il besoin d’être ventilé ?
Oui, un sous-sol non aménagé doit être ventilé, mais une ventilation naturelle par des ouvertures permanentes suffit dans la plupart des cas. Des soupiraux placés sur des façades opposées, ou à des hauteurs différentes, créent un courant d’air qui évacue l’humidité remontant du sol et des murs enterrés.
L’erreur fréquente consiste à boucher ces soupiraux pour gagner quelques degrés. L’air stagne, l’humidité monte, et les objets stockés comme les boiseries finissent par moisir. Si le sous-sol est très humide, la ventilation ne réglera pas seule le problème : une infiltration par les murs ou le sol se traite à la source, par drainage ou reprise des enduits.
Que faut-il prévoir pour un sous-sol aménagé en pièce de vie ?
Une chambre, un bureau ou une salle de jeux en sous-sol devient une pièce principale et reçoit une entrée d’air, comme les chambres des étages. L’air neuf entre par cette pièce, traverse le logement et ressort par les bouches d’extraction des pièces humides. Encore faut-il que ce chemin existe.
- Une entrée d’air dans la pièce aménagée, en menuiserie ou en traversée de mur, dimensionnée pour le débit de la VMC.
- Un passage pour l’air vers les pièces de service : détalonnage des portes, d’environ 1 à 2 cm selon Qualitel, ou grille de transit.
- Une pièce de service sur le trajet : si l’escalier du sous-sol est fermé par une porte étanche, l’air de la pièce aménagée ne rejoint jamais une bouche d’extraction.
Quand la pièce aménagée est éloignée des pièces humides, la solution la plus sûre consiste souvent à y créer une petite salle d’eau ou des toilettes avec leur propre bouche. Le circuit d’air se referme alors dans le sous-sol lui-même.
Une salle d’eau ou une buanderie au sous-sol doit-elle avoir une bouche ?
Oui, une salle d’eau ou des toilettes au sous-sol doivent disposer d’une bouche d’extraction, puisque ce sont des pièces de service au sens de l’arrêté de 1982. Son tableau de débits prévoit notamment 15 m³/h pour une salle d’eau supplémentaire. Une buanderie où sèche le linge produit beaucoup de vapeur et gagne elle aussi à recevoir une bouche.
Raccorder une nouvelle bouche ne se fait pas au hasard. Le caisson de la VMC est dimensionné pour un nombre de piquages et un débit total. Ajouter une bouche peut déséquilibrer le réseau et réduire le débit des autres pièces. Faites vérifier par un installateur que le caisson accepte le piquage supplémentaire, ou prévoyez un modèle adapté au nouveau nombre de pièces.
Et les gaines qui traversent un sous-sol froid ?
Une gaine de VMC qui traverse un sous-sol non chauffé doit être isolée, comme le prévoit le NF DTU 68.3 pour tout conduit placé hors du volume chauffé. Sans isolation, l’air humide extrait se refroidit dans la gaine, la vapeur condense et l’eau peut couler jusqu’à la bouche ou au caisson.
Peut-on relier le garage ou la chaufferie à la VMC ?
Non, le garage et la chaufferie restent en dehors du réseau de la VMC du logement. Le NF DTU 68.3 interdit de rejeter l’air vicié dans un garage, et un garage se ventile par ses propres ouvertures. Relier un local où tournent un moteur ou une chaudière au réseau du logement risque de faire circuler des gaz indésirables dans les gaines.
Une chaufferie qui abrite une chaudière à combustion a ses propres exigences d’amenée d’air et d’évacuation, qui dépendent de l’appareil et du combustible. Ces règles relèvent de l’installateur de la chaudière et ne se bricolent pas avec une bouche de VMC.
| Local en sous-sol | Ventilation adaptée | VMC ? |
|---|---|---|
| Cave, cellier, atelier | Soupiraux permanents sur façades opposées | Déconseillé : inutile et coûteux en chaleur |
| Chambre, bureau, salle de jeux | Entrée d’air et passage vers une pièce de service | Adapté : la pièce entre dans le circuit |
| Salle d’eau, toilettes | Bouche d’extraction raccordée | Adapté et obligatoire |
| Buanderie | Bouche d’extraction ou ouverture permanente | Selon le cas : fortement conseillé si le linge y sèche |
| Garage, chaufferie | Ouvertures propres au local | Déconseillé : hors réseau du logement |
- Les soupiraux du sous-sol non aménagé sont ouverts et dégagés.
- La pièce aménagée possède une entrée d’air et l’air peut rejoindre une bouche d’extraction.
- Chaque salle d’eau ou toilette du sous-sol a sa bouche d’extraction.
- Les gaines qui traversent un local non chauffé sont isolées.
- Aucune bouche du réseau n’est placée dans le garage ou la chaufferie.
Si vous préparez l’aménagement d’un sous-sol, dessinez d’abord le trajet de l’air sur un plan : où il entre, par où il passe, où il sort. Ce croquis simple permet à l’installateur de chiffrer juste et vous évite une pièce où l’humidité stagne. Un taux d’humidité trop élevé dans une chambre se repère avec un hygromètre, et la question de 70 % d’humidité dans une chambre se pose souvent dans ces pièces enterrées. Pour le confort acoustique, les conseils sur une VMC qui fait du bruit valent aussi pour une bouche ajoutée près d’un bureau.
- Arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements, Légifrancehttps://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000862344/
- NF DTU 68.3, synthèse des règles de pose, Aldeshttps://www.aldes.fr/reglementations/ventilation-et-qualite-d-air-interieur/nf-dtu-68.3
- VMC simple flux : fonctionnement, avantages, prix, Qualitelhttps://www.qualitel.org/particuliers/equipements-et-materiaux-maison/ventilation/vmc-simple-flux/
Jeanne Rivoire Ancienne conductrice de travaux Jeanne Rivoire a conduit des chantiers de rénovation pendant quinze ans avant d'écrire sur les matériaux sains. Elle répond aux questions que l'on se pose à chaque étape d'un projet, du choix de l'isolant aux aides à demander.