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Étape 3 sur 6 · Structure

Quelle épaisseur pour un mur à ossature bois ?

Par Jeanne Rivoire Mis à jour le 5 min de lecture
La réponse en bref

L’ossature mesure le plus souvent 145 mm, parfois 200 mm ou plus. Avec le parement, le contreventement, l’isolant complémentaire et le bardage, le mur fini dépasse en général 20 cm et atteint 30 cm et plus pour une maison très isolée.

Coupe d’un mur à ossature bois avec montants, isolant en fibre de bois et panneaux

Un mur à ossature bois se construit le plus souvent avec des montants de 145 mm de profondeur, et de plus en plus avec des montants de 200 à 220 mm. Une fois ajoutés le parement intérieur, le panneau de contreventement, l’éventuel isolant complémentaire et le bardage, le mur fini mesure en général un peu plus de 20 cm pour une composition simple, et 30 cm ou davantage pour une maison très isolée.

L’épaisseur ne se choisit donc pas pour elle-même. Elle découle de la résistance thermique visée, de la structure, et des couches que vous décidez d’ajouter de part et d’autre de l’ossature.

De quoi se compose l’épaisseur d’un mur à ossature bois ?

L’épaisseur d’un mur à ossature bois est la somme de six à huit couches, de l’intérieur vers l’extérieur : parement, vide technique éventuel, pare-vapeur, ossature isolée, panneau de contreventement, pare-pluie, lame d’air ventilée et bardage. Le NF DTU 31.2, dans sa version de mai 2019, encadre la partie qui va du pare-vapeur au pare-pluie.

Ce DTU vise des murs dont les montants laissent entre eux un vide de 60 cm au plus, stabilisés par un panneau de contreventement sur au moins une face, avec un revêtement extérieur ventilé. Il impose aussi la règle dite du facteur 5 : la paroi doit être nettement plus fermée à la vapeur côté intérieur que côté extérieur, pour que l’humidité qui entre dans le mur puisse en ressortir.

Voici trois compositions d’exemple. Les épaisseurs de chaque couche sont des valeurs courantes retenues pour le calcul, à remplacer par celles de vos produits :

CoucheMur simple 145Mur 145 isolé des deux côtésMur 200 avec vide technique
Plaque de plâtre13 mm13 mm13 mm
Vide technique isoléaucun45 mm45 mm
Ossature et isolant145 mm145 mm200 mm
Panneau de contreventement12 mm12 mm12 mm
Fibre de bois extérieureaucune60 mmaucune
Lame d’air (tasseaux)27 mm27 mm27 mm
Bardage bois20 mm20 mm20 mm
Total217 mm322 mm317 mm

Le pare-vapeur et le pare-pluie, qui sont des films minces, n’apparaissent pas dans ces totaux.

145 ou 200 mm : quelle section de montants choisir ?

Le montant de 145 mm reste la base la plus répandue, et il appelle presque toujours une isolation complémentaire pour une maison neuve performante. Le montant de 200 mm ou plus loge davantage d’isolant dans l’ossature et peut suffire seul, au prix d’un volume de bois plus important.

Un calcul simple montre l’écart. Avec un isolant de conductivité λ = 0,038 W/m·K, prise ici comme exemple, 145 mm d’isolant donnent R = 0,145 ÷ 0,038, soit environ 3,8 m²·K/W. Avec 200 mm, on obtient environ 5,3 m²·K/W. Ces valeurs concernent l’isolant seul : les montants, qui conduisent davantage la chaleur, font baisser la performance réelle de la paroi.

C’est pour cette raison qu’un isolant continu posé devant l’ossature est si efficace : il couvre aussi les montants et coupe ces ponts thermiques répétés à chaque montant. La section des montants dépend enfin de la structure. Hauteur des murs, charges de la toiture et des planchers, grandes ouvertures : le calcul revient au charpentier ou au bureau d’études, pas au seul objectif thermique.

Comparateur d'isolants

Épaisseur minimale pour la résistance thermique demandée par les aides. Valeurs indicatives, à vérifier sur la fiche du produit.

Résistance visée : R = 3,7 m²·K/W

Laine de verreλ 0,03212 cm
Fibre de boisλ 0,04015 cm
Laine de chanvreλ 0,04015 cm
Ouate de celluloseλ 0,04015 cm
Liège expanséλ 0,04015 cm
Laine de moutonλ 0,04015 cm
Textile recycléλ 0,03915 cm
Botte de pailleλ 0,05220 cm
Béton de chanvreλ 0,09034 cm

e = R × λ, arrondi au centimètre supérieur. La laine de verre sert de repère.

Faut-il ajouter une isolation complémentaire ?

Oui, dans la plupart des maisons neuves à ossature de 145 mm, on ajoute une couche d’isolant à l’extérieur, à l’intérieur, ou des deux côtés. Chaque option a ses conséquences sur l’épaisseur et sur la façon de construire.

  • À l’extérieur : des panneaux rigides de fibre de bois, posés sur l’ossature ou le contreventement, recouvrent les montants et peuvent servir de pare-pluie selon le produit et son avis technique. C’est la solution la plus efficace contre les ponts thermiques.
  • À l’intérieur : un vide technique de quelques centimètres, entre le pare-vapeur et la plaque de plâtre, reçoit un isolant et les gaines. L’électricien peut alors y travailler sans percer le pare-vapeur.

Le vide technique simplifie beaucoup la suite du chantier. Il répond directement à la question de l’électricité avant ou après l’isolation : les câbles passent devant le pare-vapeur, qui reste continu. L’isolant de ce vide technique doit rester minoritaire par rapport à celui de l’ossature, pour que le pare-vapeur reste du côté chaud de la paroi. Faites vérifier ce point par le fabricant ou le bureau d’études.

Un point concerne les isolants biosourcés. Le NF DTU 31.2 ne couvre pas les isolants biosourcés placés entre ou contre les ossatures, ni les enduits extérieurs sans lame d’air. Fibre de bois, ouate de cellulose ou chanvre s’emploient alors selon leur avis technique ou leurs règles professionnelles. La paille, elle, relève de règles professionnelles spécifiques et impose une épaisseur de mur nettement supérieure. Demandez à votre constructeur sur quel document repose la composition qu’il propose.

Quelle épaisseur la RE2020 impose-t-elle ?

La RE2020 n’impose aucune épaisseur de mur ni aucune résistance thermique minimale paroi par paroi. Entrée en vigueur au 1er janvier 2022 pour les maisons, elle fixe des objectifs globaux : sobriété et décarbonation de l’énergie, impact carbone de la construction, confort en période de forte chaleur.

C’est l’étude thermique réglementaire qui vérifie que la maison respecte ces seuils. Elle combine l’isolation des murs avec celle de la toiture et du plancher, les fenêtres, l’orientation, l’étanchéité à l’air et le système de chauffage. Un mur plus épais améliore le besoin de chauffage, et le bois de l’ossature est en général bien placé dans le calcul de l’impact carbone. Mais c’est l’ensemble qui compte : demandez au thermicien de comparer deux ou trois compositions de mur avant de figer les plans.

Quelles erreurs éviter en choisissant l’épaisseur ?

L’erreur la plus courante consiste à fixer l’épaisseur des murs sans en tirer toutes les conséquences sur le reste du projet. Quelques centimètres de plus changent plusieurs détails.

  • La surface habitable diminue si l’emprise extérieure est limitée par le terrain ou le plan local d’urbanisme.
  • Les tableaux de fenêtre deviennent plus profonds et doivent être habillés avec soin : l’article sur l’habillage des tableaux de fenêtre en ossature bois détaille les solutions.
  • Les débords de toiture, les appuis de fenêtre et les seuils doivent suivre la nouvelle épaisseur.
  • Un panneau de contreventement laissé sous la pluie pendant le chantier reprend de l’humidité avant d’être fermé dans la paroi.
  • Demandez une coupe du mur cotée, couche par couche, avec l’épaisseur totale et la résistance thermique de la paroi.
  • Vérifiez sur quel document technique repose chaque isolant : DTU, avis technique ou règles professionnelles.
  • Contrôlez la présence d’un vide technique pour passer les gaines sans percer le pare-vapeur.
  • Faites confirmer par le bureau d’études la section des montants au regard de la structure.
  • Mesurez l’effet de l’épaisseur choisie sur l’emprise au sol et la surface habitable du permis.

Avant de choisir entre 145 et 200 mm, demandez à votre constructeur de chiffrer les deux compositions complètes, isolant complémentaire compris, avec leur résistance thermique réelle : la bonne épaisseur est celle qui atteint votre objectif avec le moins de ponts thermiques.

  1. Mur à ossature en bois : fiche NF DTU 31.2, CAPEBhttps://www.capeb.fr/www/capeb/media/morbihan/document/Fiches-Mur-Mur-%C3%A0-ossature-en-bois.pdf
  2. Réglementation environnementale RE2020, ministère de la Transition écologiquehttps://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/reglementation-environnementale-re2020
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Jeanne Rivoire Ancienne conductrice de travaux Jeanne Rivoire a conduit des chantiers de rénovation pendant quinze ans avant d'écrire sur les matériaux sains. Elle répond aux questions que l'on se pose à chaque étape d'un projet, du choix de l'isolant aux aides à demander.